Nasik en Inde – Ville sainte, du vin et de l’ennui

Nasik est un endroit dans les environs de Mumbai où je n’étais pas censé aller. Néanmoins j’ai dû modifier mon programme dans cette partie de l’Inde un peu sur un coup de tête. Je suis donc parti en direction de Nasik (qu’on prononce Nachique et qui s’écrit parfois Nashik), une ville connue pour être un haut lieu spirituel et des spiritueux, c’est en effet la zone de production viticole de l’Inde.

carte-nasik

En bas à gauche c’est Mumbai, et Nasik c’est en plein milieu !

Premier jour à Nasik

Personne ne parle anglais

Au début de mon voyage à Nasik j’ai vraiment l’impression de ne rien comprendre à cette ville. Pourtant des villes en Inde je commence à en avoir vu un paquet (voir même plusieurs paquets), sauf qu’ici personne ne parle anglais. A la gare routière il faut carrément attendre qu’un mec appelle un de ses amis pour qu’il vienne traduire (pourtant on discutait pas philosophie). Je me retrouve rapidement dans une superbe guesthouse un hôtel pourri et je pars découvrir la ville à pieds. nasik-inde-vin En théorie la ville est sympathique et propose quelques monuments. Il faut savoir que Nasik est une ville “sainte”, c’est en effet une ville qui accueille la Kumbh Mela, une fête religieuse propre à l’Inde et accessoirement le plus grand rassemblement humain au monde.

Les ghats et c’est à peu près tout

La pratique est hélas loin de la théorie. La ville a certainement un petit charme mais il n’y a pas de quoi se rouler par terre. En fait c’est surtout les ghats qui sont très beaux. Si je n’avais pas déjà vu ceux de Varanasi j’aurais peut être été complètement charmé  par ces quelques escaliers. La comparaison entre tous les lieux que j’ai visités empêche parfois de s’émerveiller, ça commence à faire longtemps que je suis en Inde et je suis parfois un peu “usé”. nasik Bon les gens sont sympathiques, hélas c’est du “classique”. Il faut dire que le temps n’aide pas puisqu’il fait très chaud, c’est donc compliqué de se motiver pour tout visiter lorsque tu tournes à une bouteille d’eau par heure. Je visite aussi quelques temples assez sympas, mais en pleine après-midi il fait vraiment chaud à Nasik (genre un grille-pain). nasik-inde Après avoir trouvé un petit restaurant qui sert du très bon riz et des légumes (quelle surprise) pour le dîner, je rentre tranquillement dormir à l’hôtel. C’est un peu malheureux à dire mais au final je n’ai quasiment rien à raconter de l’après-midi à visiter.

A la découverte du vin de Nasik

Au petit matin je négocie non sans mal un tuktuk pour faire le tour des propriétés de la région. Le vin de Nasik est connu dans pas mal d’endroits en Inde.vin-nasik (2)

Les vignes de Sula

Le premier arrêt se fera dans la propriété de Sula Vineyards, c’est le vin le plus connu en Inde. Les vignes sont assez impressionnantes, je voulais changer de paysage et on peut dire que j’en ai pour mon argent. Se retrouver face à des vignes après plusieurs mois en Inde est un sentiment assez bizarre.Sula-Vin-Nasik (3) C’est un peu comme quand Jacouille découvre la voiture de La Poste dans les visiteurs, on s’émerveille de pas grand chose “messire messire du saraisin”.

vin-nasik (1)

Oui mais le vin dans tout ça ?

C’est bien beau de faire pousser des raisins, encore faut-il en faire en vin. Avant de déguster je vais donc découvrir la fabrication. Sula-Vin-Nasik (2)Un petit groupe se forme pour la visite et nous arrivons au cœur de la fabrication, tout à l’air très automatisé. Notre guide nous distille quelques informations, les indiens sont super impressionnés alors que moi un peu moins (forcément c’est pas la première fois que je vois une cuve). C’est bizarre à dire mais à ce moment on se croirait presque dans l’hexagone, il manque qu’un bout de pain et le joueur d’accordéon dans le métro.Sula-Vin-Nasik (5) Après les grandes cuves nous passons directement à la découverte des fûts, comme d’habitude j’ai un petit élan patriotique lorsque je vois quelque chose écrit en français (pour une fois que c’est pas Christian Dior et Louis Vuitton). Sula-Vin-Nasik (7) Je tombe alors sur une pépite de l’usine, un magnifique panneau prêchant le port du casque. J’adore la photo de gauche avec la brique ! Sula-Vin-Nasik (8)

Place à la dégustation du vin

Comme souvent après la visite d’une cave et d’une exploitation viticole, c’est l’heure de déguster du vin. En Inde on ne déconne pas, on va tout mélanger en faisant pire que les montagnes russes Rouge – Rosé – Blanc – Rouge – Rosé – Blanc – Rouge – Rosé – Blanc… Sula-Vin-Nasik (9) Comme prévu il faut bien s’accrocher à la table pour tenir le coup. Bon on passera sur la qualité assez médiocre du vin mais tout enchaîner à la suite doit pas forcément aider mon organisme (je précise que je n’y connais rien en vin, çe qui ne m’empêche pas de donner mon avis…). Sula-Vin-Nasik (10) Après avoir dégusté bu le vin de Sula nous allons dans l’exploitation suivante. Le départ guidé vient de partir, je déguste donc le vin et j’attends la prochaine visite. Après une très grosse demi-heure le vin commence à faire effet et avec la chaleur ce n’est pas la fête. La visite suivante n’est toujours pas prête de partir et tous ces verres commencent à taper sur le cerveau. Je préfère donc effectuer une “retraite tactique” à l’hôtel. Je finirai donc la journée dans ma chambre avec un bon mal de crâne, non pas que je sois ivre mais le vin a juste fait l’effet d’un mur. Au final seule la première exploitation semblait vraiment intéressante, pas de quoi passer une journée complète !

degustation-vin-nasik

Le lendemain je fais mes affaires rapidement et je prends le premier bus qui quitte Nasik et son vin pour Mumbai, l’étape sera de courte durée puisque je vais m’envoler directement vers Diu, une zone absolument magnifique à découvrir bientôt !

Leave a Reply

4 comments

  1. Alain

    Surprenant …
    Je ne connaissais rien à cette ville et j’ignorais qu’on cultivais la vigne en Inde
    Alors merci à Brice

  2. Laurent

    Ah bah tien, j’ai failli m’y arrêter à Nasik lors de mon dernier voyage en Inde, et puis je me suis ravisé, faute de temps. C’est plus les ghats que le vin qui m’attirait, je n’avais d’ailleurs même pas retenu qu’il y avait des vignobles à Nasik, c’est dire !

  3. J.M. MARTIN

    Bonjour,

    J’ai bien aimé cet article sur Nashik surtout pour “messire messire du saraisin”… Je la trouve très, très bien .
    Pour ce qui est du vin soufré, ton bulbe rachidien n’a pas dû aimer et ton foie n’a pas dû bien aimer détoxiquer tous les pesticides et insecticides qui imprègnent sans le moindre contrôle ce genre de production viticole .

    Pour les vignobles que tu as manqués, devrais-je te dire que cela ne “ghat” rien … ? et que tu n’as rien à regretter .

    Pour la journée de la cruche qui contenait le nectar de l’immortalité (la Kumbha Mela) cela ne doit pas être facile avec ces toutes petites ghats .

    Merci pour ce beau reportage ainsi que celui sur Diu .

    Bien cordialement . J.M. MARTIN

    • Salut JM !

      Merci pour les compliments !

      Oui je serais allé à la Kumbh Mela si ça n’avait pas été à Nasik, là avec un temps merdique en Juillet ça risque d’être un massacre, dommage !

      J’ai cherché un jeu de mot pourri avec vin pendant 1 minutes mais mon cheminement cérébral est resté vain, probablement un coup de l’OMC ou de son ancêtre… (j’espère que tu l’as). La blague est un peu WTF, ou plutôt devrais-je dire WTO !

Type to Search

See all results