Muang La – A la découverte de villages Kamu, Hmong & Akha en Jeep

Aujourd’hui on part pour une des journées les plus impressionnantes que j’ai pu passer en Asie, rien que ça. Je suis à ce moment dans le Nord du Laos et plus précisément à l’incroyable Muang La Lodge qui comme son nom l’indique se trouve à Muang La. Aujourd’hui et après avoir fait une randonnée le jour précédent je pars en Jeep en direction de 3 villages avec chacun une minorité ethnique différente (Hmong, Akha & Kamu). On part au bout du monde !

Début de journée au marché à 6h00 du matin

C’est ma dernière journée à Muang La et quasiment ma dernière au Laos, je mets donc mon réveil très tôt et je quitte l’hôtel à 6h00 du matin pour rejoindre le marché de la ville. En fait je m’arrête au bout de 2 minutes puisque les moines passent faire l’aumône (comme quoi il n’y a pas forcément besoin d’aller à Luang Prabang !). Les moines passent devant les habitants qui vident un verre d’eau avant leur passage (croyance animiste) puis donnent du riz ou à manger, et tout comme en Birmanie les moines font aussi des chants après les dons.

Quelques minutes après me voici dans le marché principal de Muang La, j’en parlerai plus en détails dans un prochain article mais c’est un marché comme on en trouve des dizaines en Asie. L’énorme avantage étant qu’on est à Muang La, donc il y a pas grand monde dans l’année qui se lève à 6h00 du matin pour venir faire des photos… donc tout le monde est gentil (et y’a même la bouchère qui m’a fait une super photo !).

Dans la Jeep avec le guide à 9h00

Après le marché je rentre à l’hôtel sur les coups de 7h30, j’en profite pour reprendre un super petit-déjeuner au bord de la rivière. Le guide arrive avec la Jeep à 8h45, j’ai un peu de retard (mea culpa) et on part donc à 9h00. Le guide est vraiment trop sympa, on se marre bien dans la voiture en grimpant dans les montagnes et après une bonne demi-heure de route on rentre vraiment dans les paysages dingues.

Bon en plus je dois vous le dire mais passer des journées avec des guides qui parlent très bien anglais, qui habitent dans leurs régions et qui sont habitués à bosser avec des photographes c’est extrêmement agréable au niveau de la transmission d’information avec le chauffeur.

Etant donné qu’on part vraiment assez haut dans la montagne la brume arrive rapidement au cours d’un changement de vallée. Le guide est un peu embêté et me dit qu’au retour il n’y aura plus de brume mais moi j’adore ça au contraire, je lui explique que ça peut donner des photos avec une atmosphère dingue et il est un peu soulagé que je sois content même dans ce brouillard !

Quelques minutes après on s’arrête au bord d’un champs qui a été brulé il y a quelques semaines, c’est exactement ce que je disais au guide puisqu’une femme fait une pause et avec la brume ça donne une atmosphère folle. Généralement j’ai tendance à penser qu’un début de journée comme ça est un bon signe et au final je n’ai pas eu tort !

Pendant que je fais des photos le guide m’explique que la dame vient de planter du maïs donc qu’elle reste dans les parages pour chasser les rongeurs qui viennent piquer les graines.

Le premier village H’mong

Après encore pas mal de jeep et quelques trous qui te font remonter le petit-déjeuner on arrive dans le premier village que l’on va visiter. Moi j’aurais été dans l’incapacité de vous l’expliquer mais le guide me dit que c’est un village H’mong. En fait toi ça te sautes pas aux yeux mais lui me montre directement “tu vois les signes sur les maisons c’est pour les esprit car les H’mongs sont animistes, et puis regarde la cuisine est à l’intérieur de la maison alors que si c’était un village kamu la cuisine serait à l’extérieur”. Et oui ça a du bon de voyager avec un guide parfois !

En rentrant dans le village on s’arrête dans la première maison (le guide semble connaitre tout le monde), je prends quelques portraits des enfants pendant qu’ils sont absorbés par une télévision qui diffuse une chaine en langue H’mong (j’en parlais déjà dans l’article au marché de Pa Co à Moc Chau au Vietnam).

Puis quelques minutes après je tombe là sur une meute d’enfants H’mongs qui sont en train de jouer à une sorte de cricket, je rigole avec eux et quelques minutes après je sors la photo cliché par excellence : les enfants qui regardent l’appareil photo du dessus.

On se déplace par la suite en direction du centre du village. Le guide vient souvent donc il dit bonjour à tout le monde et prend des nouvelles. On s’arrête dans une maison et le guide me montre alors des énormes sacs qui sont entreposés dans un coin, c’est en fait toute la récolte de riz (il y en a des dizaines). Les filles de la maison sont toutes timides mais une est plus curieuse que l’autre, elle se laisse prendre en photo puis se marre en voyant le résultat.

On croise quelques personnes et on arrive finalement au coeur du village Hmong, ça ressemble comme 2 goûtes d’eau au reste sauf qu’il y a plus de monde et beaucoup plus de maisons.

Il y a des enfants super marrants qui sont à la fenêtre et qui me font des signes, cependant 3-4 chiens arrivent à fond vers moi et ont un comportement vraiment bizarre (même le guide n’arrive pas à les faire partir et on doit reculer un peu). En fait il m’explique que les femmes font la cuisine dans la maison (des H’mongs, donc on cuisine à l’intérieur t’as compris ?) et les chiens sont super excités car ils ont faim.

On venait de croiser un vieux monsieur habillé complètement dans le costume traditionnel Hmong. Ca m’a complètement fasciné car on ne voit quand même pas tant que ça les hommes avec les costumes alors que c’est courant avec les femmes. Le monsieur décline pour les photos (il en a déjà pas mal de lui visiblement) mais nous invite à boire le thé à l’intérieur de sa maison. Dans sa maison les obus servent aussi à un peu tout et de mémoire c’est pour conserver les pouces de bambou loin des rongeurs.

Moment assez mythique s’il en est mais le guide m’explique que ce monsieur a toujours habité dans le village (normal) et qu’à l’époque de la guerre du Vietnam il y avait des membres de la CIA dans le village. Et oui les H’mongs étaient du côté des américains alors que les Akhas étaient du côté des communistes (le village où l’on va juste après !), du coup c’était peu ou prou la ligne de front au début des années 60… totalement dingue d’apprendre ça en buvant le thé dans le village Hmong.

Après cette petit pause on continue de marcher dans le village Hmong et par moment la pente est quand même raide (ce qui n’empêche pas les enfants de courir en tongs pendant que je glisse comme sur de la glace avec mes Nike). On croise ça et là des enfants qui se marrent, la peau d’un singe qui sèche, une maman qui rentre à la maison, bref la vie d’un village au Laos.

En route pour le second village chez les Akha

On a passé quasiment 1h dans le village H’mong et c’est donc l’heure pour nous de reprendre la voiture. On traverse un grand village Akha et on continue de grimper. Je ne sais pas à quelle altitude on est mais on a déjà dû grimper un bon 1500m de dénivelé depuis Muang La (d’ailleurs on ne croise quasiment aucune moto tellement tout est défoncé, principalement des grosses camionettes où les gens sont entassées).

Le guide ne s’était pas trompé, il est maintenant un peu plus de 11h00 et la brume n’est plus qu’un lointain souvenir. Autant te dire que les paysages sont à tomber par terre.

Quelques minutes avant d’arriver au village Akha la route devient photogénique à mourir (dommage qu’il y ait un petit pylone électrique). Je fais arrêter la Jeep pour faire cette photo qui résume bien la journée !

Finalement on arrive enfin au village Akha, on est tellement haut dans les montagnes qu’il fait presque froid et je suis obligé de mettre mon sweat. Et oui même si je suis en mai et qu’il fait très chaud dans les plaines lorsque tu es autant en altitude ça caille. A l’entrée du village il y a d’ailleurs un énorme “portail” pour préserver le village des mauvais esprits, et quelques mètres plus loin le “signe” des Akhas (ça ressemble d’ailleurs énormément à l’univers de la série True Detective !).

Très rapidement ce qui m’impressionne dans le village c’est l’argent, le guide m’avait prévenu mais le niveau de développement du village Akha est sans commune mesure avec ce que j’ai pu observer auparavant. Il y a quelques “grosses” maisons, beaucoup d’animaux, des camions, des groupes électrogènes, bref ils ont plus de revenus que les autres.

Le village Akha est relativement gros, il y a 1200 habitants et le nom de la région vient du nom d’un Akha qui était le leader qui a emmené tout le monde depuis la Chine (du Xishuangbanna plus précisément, c’est dans le Sud du Yunnan où ils se faisaient déboités). Ci-dessous c’est censé être la maison du grand chef (quand je vous dis qu’il y a des belles maisons !).

Très rapidement toutes les choses que l’on m’avait dit sur les Akhas se vérifient, les gens ne veulent surtout pas être pris en photo car ils ont peur que cela leur prenne leur âme. Les adultes font donc tout pour t’éviter et ils ordonnent aux enfants de courir se cacher. Tu as donc des scènes loufoques où la maman est avec ses 2 enfants, elle me voit puis elle parle à ses enfants et les enfants courent se cacher dans la maison. Ça parait un peu fou mais moi ça ne me dérange pas du tout, au contraire j’ai l’impression de vivre quelque chose de différent, je cache donc mon appareil photo dans mon sac et j’en profite pour… ben juste en profiter ! On discute avec quelques mamies qui sont encore complètement habillés (avec les coiffes !) car sans l’appareil photo les gens sont quand même plus sympas (bon et puis il faut dire que mon appareil ne passe pas inaperçu).

Le guide m’explique aussi que les gens font encore de l’indigo dans le coin et quelques minutes plus loin on en voit.

Il y a rapidement un truc qui m’interpelle, en effet il y a un panneau de l’ONU à propos des drogues et celui-ci est complètement explosé. Bien évidemment, expérience Birmane oblige, il ne m’en faut pas plus pour connecter toutes les informations. Toute la région est pauvre sauf un village Akha situé beaucoup plus en altitude qui lui a des voitures, des animaux de partout et des magasins, le panneau anti-drogue est massacré et on est dans le triangle d’or, je vous fais pas un dessin mais ils doivent très probablement encore cultiver du “tintin et le lotus noir” dans un coin.

Retouché pour que ça soit plus lisible

En marchant j’essaye de tirer les vers du nez du guide mais il ne lâchera rien, seulement que les Akhas sont de bons agriculteurs et que c’est pour ça qu’ils ont de l’argent. Quand je vous disais que c’était un excellent guide !

On s’arrête à un moment près d’un groupe de chasseurs, ils sont en train de préparer les pièges. Grâce au guide je peux faire une photo en expliquant que je ne vais prendre que les pièges, ils ressemblent d’ailleurs beaucoup aux pièges que j’ai vu la veille.

Pour nous c’est l’heure du déjeuner et on mange un “packed-lunch” tout en haut du village avec une énorme vue sur la vallée.

Oui c’était très bon même si sur la photo ça ne rend pas très bien !

En route vers le village kamu

Après le déjeuner on remonte dans la Jeep et on redescend dans la vallée (de toute façon on peut pas aller plus haut que les Akhas), heureusement qu’on a une Jeep car la route est vraiment pourrie donc sinon on aurait sûrement relâché le repas. Sur la route je demande au chauffeur d’y aller doucement pour que je puisse avoir une photo des gens qui se cachent pour le blog.

Car oui même sur la route les akhas se cachent dans les buissons à l’arrivée d’un véhicule, là encore dés fois qu’on fasse une photo d’eux et qu’on vole leur âme. Sur la photo ci-dessous le monsieur ne se cache pas par contre il a ordonné à l’enfant de courir se cacher.

On arrive finalement dans le dernier village kamu, comme d’habitude la Jeep nous dépose à un bout et nous reprendra à l’autre bout. Bon sauf que là le village est plus petit que les 2 précédents (Hmong & Akha) et que j’ai déjà vu 3 villages kamu le jour précédent avec le même guide.

J’ai l’impression de me répêter mais comme toujours à Muang La les gens sont adorables et tout le monde m’accueille (pratiquement) avec le sourire. Pour information dans la région ils ne mâchent pas de bétel comme en Birmanie (pour la couleur des dents) mais un truc similaire (le guide m’a traduit mais impossible de me rappeler).

Malheureusement il ne se passe pas grand chose dans le village, en effet il y a eu une fête dans la matinée donc tout le village est un peu endormi. A un moment on rentre même dans une maison tandis qu’un monsieur est en mode “tintin et le lotus bleu” donc on ressort rapidement et je ne fais pas de photo (ça évitera de terminer en prison).

La dernière maison nous invite à boire un coup, on discute quelques minutes avec eux, ils sont très contents de nous montrer les photos de mariage et quelques yuans (la monnaie chinoise). Mon bac +7 en discussion asiatique me permet d’embrayer sur le Vietnam, le nombre de frères et soeurs et Zidane pour qu’on puisse discuter un peu. J’ai d’ailleurs failli oublier de payer les quelques bières en repartant, lorsque je m’en rends compte je dois insister très lourdement pour régler les quelques dollars que ça représente.

C’est à ce moment pour nous le dernier village de la journée, on le quitte à 14h et on reprend la route en direction de Muang La à travers des paysages magnifiques. Beaucoup plus bas dans la vallée la plupart des collines sont brulées mais ça reste quand même impressionnant.

On arrive à peu près 1h plus tard à la porte du lodge, j’ai pris au cours de cette journée une claque absolument monumentale surtout du point de vue des villages, de l’organisation et de l’histoire de la région. Mon guide a été absolument parfait et mon chauffeur toujours souriant donc je laisse un pourboire plus que sympa et je termine ma journée au bord de la piscine du lodge à regarder la rivière couler. C’était quasiment ma dernière journée au Laos puisque dés le lendemain je vais rentre à Luang Prabang d’où je prendrai mon vol retour vers Hanoi.

Conseils pour cette journée en jeep à Muang La :

Comme lors de la journée précédente en randonnée toute l’excursion a été organisée par le lodge, et comme toujours c’est strictement impossible à organiser par soit même. Les villages ne sont ni sur Google Map ni même sur Maps.Me (la route n’existe même pas) et sont quasiment impossible d’accès hormis avec une jeep ou un gros camion. Si vous voulez l’organiser vous-même c’est impossible et l’hôtel n’est pas ouvert aux personnes qui n’y restent pas (même pour les repas). Si vous voulez vivre cela il faudra donc impérativement rester au Muang La Lodge (qui est absolument dingue) et ce n’est pas pour toutes les bourses, aussi bien pour l’hôtel qui coûte grosso-modo 200€ la nuit que pour l’activité (pour 2 personnes cette activité coûte aussi 200 € à la journée). Les prix sont données à la louche et vous trouverez tout cela sur le site de l’hôtel. Attention, c’est un hôtel incroyable donc si vous avez le budget foncez les yeux fermés, sinon arrêtez-vous à Nong Khiaw ou privilégiez une autre étape dans le Nord-Laos.

Pour information et sur un voyage de 23 jours au Laos cet hôtel a représenté un tiers de mon budget, et alors que j’écris ces lignes 6 mois après mon voyage (je publie cet article en janvier 2018 alors que j’y étais en mai 2017) c’est peut-être l’argent le mieux utilisé du voyage. Je suis très manichéen sur ce point mais Muang La fut une claque monumentale, aussi bien le lodge que les habitants donc si vous le pouvez allez-y, sinon malheureusement ce n’est pas pour tout le monde mais c’est aussi pour ça que le lieu est si préservé (imagine si y’a 40 jeeps qui viennent chaque jour dans le village, rapidement on va te vendre du coca et des écharpes).

Questions :

Vous avez des questions sur cette journée en jeep dans les environs de Muang La au Laos ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.

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4 comments

  1. Fab

    Passionnant, et souvent drôle.
    Superbes photos sur ce post, celle – la première – de la dame qui garde ces plantations de maïs à l’abri des rongeurs m’a scotché !
    Merci encore 🙂

    ps : je suis en train ce compter mes économies, car ce Muang La Lodge…. ‘fin bref 😛

    • Merci beaucoup, oui j’ai eu beaucoup de chance pour les photos 😉

  2. gerard elie

    comme d’habitude au laos , il faut tomber dans les mains des spécialistes et y a aucune concurence , donc liberté pour toute arnaque possible.
    loin de ressembler à la thailande ou les tarifs sont nettement plus bas et l’organisation meilleure ….
    une question à vous qui avez l’habitude de ces voyages : quels conseils pour visiter des coins et villages intéressants dans le nord laos que l’on puisse atteidre par les bus locaux , avec un minimum d’autonomie, sans tomber dans les pattes des arnaqueurs professionnels ?
    merci

    • Salut Gérard,

      Je sais très bien que tu as un très bon fond, mais malheureusement je dois faire face à plein de commentaires comme cela pour le boulot donc je dois expliquer un peu en détails car ça ma gonfle au plus haut point, les gens veulent rien payer mais vivre des trucs géniaux (d’ailleurs c’est un truc de français, j’ai rarement cette remarque des Belges ou des Suisses) :

      Déjà quand t’as besoin d’avoir un avis médical tu vas chez le médecin et tu payes ? Pourtant t’as Doctissimo ? Quand tu veux manger un bon repas tu vas au restaurant alors que tu pourrais cuisiner quasiment la même chose chez toi pour 3 fois moins cher ? Oui mais tu payes la connaissance du chef, le serveur, le cadre, etc. Le tourisme c’est exactement pareil.

      Au Laos il n’y a pas d’arnaque, le pays ne coûte pas cher du tout si tu loges dans des bungalows en bambous, que tu manges des Noodles dans la rue et que tu n’as besoin de personne en te déplacant en vélo autour de ta guesthouse. En revanche si tu as besoin de vrais services cela coûte beaucoup plus cher (voitures, guides, activités, hôtels sympas), exactement comme pour la Birmanie, car le pays est très pauvre (il ne produit rien et n’a aucune frontière maritime, donc pour faire venir un bout de boeuf d’Australie il viendra par le Vietnam en passant par des intermédiaires donc le produit finit est plus cher, pour faire venir une voiture c’est la même chose en payant des taxes de malades, pour une piscine avec un système de filtrage qui tient le coup quand il fait 45°, même pour des shampoings ou le savon que tu laisses dans l’hôtel, etc.). Pour te donner un exemple pour faire venir des cosmétiques, un ami en Birmanie devait payer un “pourboire” à la frontière au Kg, même pas au produit (donc que ça soit du savon pourri ou des crèmes onéreuses c’est le même prix au kg). Et oui tu oublies un point mais la récolte de l’impôt est très compliquée dans ces pays donc on met des barrières à l’entrée & licenses pour récupérer cet impôt. Donc oui derrière une fois dans le pays ça coûte 50% plus cher.

      Si tu as besoin d’organiser ton voyage depuis l’étranger (car tu n’as que 2 semaines sur place et que tu ne veux pas perdre de temps, car tu veux passer par des spécialistes et vivre des expériences différentes, car tu as besoin de services vraiment précis) il y a aussi des taxes phénoménales. Donc le mec qui “t’arnaques” il a l’équivalent de 3-4% de ton transfert d’argent qui saute dans les frais financiers (et oui, envoyer de l’argent à l’étranger et le faire bouger en Asie ça coûte très cher) et derrière il a encore 20% de son chiffre d’affaires qui saute en taxe. Donc si toi tu as l’impression de payer 100€, le mec récupère en fait que ~77€. Et après le service s’il doit “stocker” son argent à l’étranger car c’est plus safe pour son business (dans ces pays il n’y a AUCUN sécurité bancaire) il ne repart qu’avec 70 €.

      Tu compares la Thaïlande qui est un pays très spécial en Asie du Sud-Est, c’est un pays très riche (grosso-modo c’est top30 en PIB au dessus des Pays bas ou de l’Afrique du Sud) et un pays de mass-market (j’ai pas besoin de te faire un dessin, t’as qu’à comparer les 2 aéroport de Bangkok avec Vientiane ou l’aéroport de Chiang Mai avec l’aéroport de Luang Prabang), donc oui forcément c’est différent. C’est aussi très différent quand tu achètes des mangues en France et en Asie, c’est pas le même contexte… J’avais un ami qui bossait pour un gros réceptif au Laos qui m’expliquait qu’en Thaïlande les voitures pouvaient être utilisées 25 jours par mois sur toute l’année et que niveau maintenance c’était pas cher car ils avaient tout à disposition, là où au Laos il va utiliser une voiture 10-15 jours par mois sur toute l’année et que niveau maintenance ça coûte un max. Donc tu comprends pourquoi tu payes 40 $ un transfert de 20 kilomètres au Laos, 20$ pour 20 kilomètres au Vietnam et 15 $ en Thaïlande. T’as l’impression de te faire arnaquer pourtant le mec à la fin il gagne le même argent quelque soit le pays.

      Le monde du tourisme en Asie c’est tout petit, les agences au Laos sont sur des volumes infimes, en Thaïlande une agence qui fait 2000 pax par an elle est inconnue, au Laos une agence qui fait 2000 pax par an c’est une agence énorme.

      Le point que tu mentionnes est important, oui au Laos tu as ce que tu payes, il n’y a pas de miracle. Si tu veux vivre des expériences magiques (comme cette journée en 4×4) il faut payer. Là c’est vraiment une hérésie complète et un manque de connaissance pour penser que développer ce genre d’expérience ça ne coûte pas des fortunes (vraiment, j’insiste sur ce point, des FORTUNES). Encore une fois pour parler de ce que je connais, il faut pas penser que tu construits un hôtel en Asie une fois que tu as le terrain, non il faut “arroser” de partout, pour le permis de construire, pour être sûr de pas avoir de problème avec la police, enfin je te fais pas un dessin là encore et je parle même pas des soucis sur place (staff qui se barre, contrats non honorés, etc.). Dans ces pays je peux te parler d’hôtel où pour construire un hôtel ils ont changé 8-9 fois toute une équipe de construction.

      Là au cours de cette journée tu es quand même au fin fond du Laos, tu as un 4×4 impeccable pour toute la journée et un guide anglophone qui est du coin et qui parle toutes les langues, même en Birmanie le coût de base serait à facilement 180$ (j’ai jamais bossé au Laos par contre en Birmanie je connais les prix, et niveau prix c’est quasiment les mêmes pays entre Laos & Birmanie). Forcément que ça a un coût. Encore une fois c’est une expérience FANTASTIQUE, c’est peut-être une des plus belles expériences que j’ai pu vivre en Asie, vraiment. Et imagine le temps qu’il a fallu au mec pour créer toutes ces expériences ? Encore une fois pour bosser dans le milieu développer de nouvelles expériences ça prend des semaines, vraiment.

      Y’a pas de miracles si tu ne veux pas payer, tu loues une moto ou un scooter et tu pars te perdre. Ça coûte 10 balles, si tu crèves un pneu tu peux t’en prendre qu’à toi et à la moto pourri (oui le loueur demandait 20 balles pour une moto neuve), si tu te perds t’as personne pour t’aider, t’as strictement aucune connaissance sur la région donc tu vas un peu au hasard. Bref le voyage… mais là faut pas te plaindre si tu peux pas discuter avec les gens, si t’arrives dans un cul de sac après avoir roulé 30 minutes ou si tu trouves pas le village Akha qui était censé être trop beau. Pour cette journée j’ai payé plus de 200€ mais si c’était à refaire je sors ma thune TOUT DE SUITE, tout était génial, génial et encore génial (et encore une fois j’étais seul, à deux c’est plus que 100€ par personne). J’ai pu en apprendre tellement sur la région et sur les minorités, mon guide était super sympa, la nourriture le midi excellente, les heures de route acceptables grâce au 4×4, le guide super sympa, j’ai pris des photos de malade grâce au guide qui comprend tout en avance. Bref j’ai payé pour un service très haut de gamme dans un coin reculé du monde.

      Je vais relier ça avec les Tokyo Safari au Japon, oui tu payes 100€ la visite mais à un moment dans le tourisme tu as ce que tu payes. SI tu veux visiter Tokyo par toi-même ça va te coûter 20€, mais si tu veux un expert francophone qui connait la ville comme sa poche c’est plus cher. Faut payer tout le monde. C’est la même chose quand tu veux une bonne jonque à Halong, quand tu veux un 4×4 en Birmanie… Dans le tourisme tu as exactement ce pour quoi tu payes, si tu payes pas faut pas te plaindre de pas vivre des trucs incroyables, tu peux en vivre si tu y passes des heures à chercher en amont mais pour vivre le vrai exceptionnel sans le tourisme de masse ça coûte de l’argent.

      Pour répondre à ta question ben tu as tout compris, comment vivre l’exceptionnel tout en ayant une flexilibité et sans payer cher… si j’avais la réponse je serais déjà riche ! Tu peux faire ça a Luang Namtha mais moi j’ai trouvé le parc naze, je pense que tu peux faire un peu la même chose dans les environs de Phongsaly mais je ne connais pas…Un truc du niveau du Muang La Lodge je demande à voir.

      Voila bonne chance 😀

      ps : c’est pas du tout contre toi c’est juste une remarque générale, j’ai les mêmes questions pour la baie d’Halong, comment découvrir la baie sans personne autour dans une jonque privée mais quand même abordable et en faisant des visites sympas ? La réponse est dans la question, tu peux pas 😀

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