Makepung – On part découvrir les incroyables courses de buffles à Bali

Qui n’a jamais vu une photo des courses de buffles en Asie ? Image assez “iconique” avec de la boue partout… et pourtant qui sait où en voir ? Grâce aux conseils avisés d’un ami qui travaille dans le tourisme (coucou Stéphane), j’ai eu la chance de voyager au bon moment à Bali et de savoir où aller pour observer un “Makepung“, il en résulte une expérience géniale que je vous raconte dans cet article (et après je vous explique tout sur comment voir les courses).

Départ à 6h00 du matin depuis notre hôtel

Et oui les courses de buffles ça se mérite, pour faire simple les courses se déroulent toutes dans le Nord-Ouest de Bali, il faut donc généralement se lever très tôt car ça commence autour de 7h30. Si t’es pas allé à l’école ça implique de partir de ton hôtel sur les coups de 6h00 du matin maximum. J’ai “imposé” ça à ma femme le lendemain de notre arrivée (alors qu’on était à l’hôtel à 21h00). Bon vu que mon pote m’avait dit que c’était fou et que je savais “qu’il connaissait”, Makepung c’était obligatoire (voir même presque un motif valable de divorce en cas de refus ?).

L’hôtel a complètement merdé, le premier chauffeur veut nous emmener à Mertasari Beach dans les environs de Sanur. Le manager n’a rien compris dans mon email (je lui disais Makepung : Mertasari Sirkuit), donc retour à l’hôtel au bout de 5 minutes. Ça négocie (il est 6h10 du matin, faut absolument qu’on parte rapidement), le staff de l’hôtel me dit que j’ai booké Sanur (alors que c’est juste le manager qui était à 3 grammes lorsqu’il a lu mon email). Bref le mec trouve un autre chauffeur qui peut nous y emmener au Makepung, génial.

Heureusement le chauffeur en backup c’est Ayrton Senna (le mur en moins), il roule comme un malade du coup on arrive globalement dans les temps au Makepung. Ce n’était pas sa voiture donc il est pas passé sous les 3000 tours minutes niveau régime moteur, au moins il avait de la reprise pour doubler (je vous jure, je sais pas combien de litres d’essence il a claqué mais il s’est fait plaisir, il a dû en parler avec tous ses potes après en mode “record battu les mecs, Mengwi – Negara en X minutes”).

On voit enfin les buffles !

En arrivant au Makepung on tombe tout de suite sur la fin d’une course, je dois avouer qu’au début ce n’est pas très impressionnant. Bon c’est simplement des buffles avec un peu de décorations quoi.

Ce qu’on ne sait pas à ce moment c’est qu’on se trouve pile à la fin du premier tour, et surtout on est au bout de la dernière ligne droite du Makepung (donc il y a beaucoup d’écart entre les chariots parfois…). On avance doucement le long de cette ligne droite et c’est de plus en plus impressionnant, il y a pas mal de monde et avec quelques rizières en arrière-plan c’est très beau.

Je commence aussi peu à peu à moins louper les réglages des photos, c’est de mieux en mieux du point de vue du rendu. En fait pour les réglages c’est facile mais ce qui est dur c’est la mise au point.

Arrivée dans la chicane du Makepung de Mertasari

Quelques dizaines de mètres plus loin on arrive le long de la chicane de ce Makepung, ça ne parait rien dit comme ça mais lorsque tu as vu pendant 15 minutes des buffles sur une seule ligne droite ça change la donne. Surtout que dans le même temps le premier round a dû se terminer et que la course change de chance (à notre arrivée on était… à l’arrivée, et bien maintenant ce point là c’est le début de la course, c’est comme dans Mario tu peux faire les circuits en « reverse »).

Juste après la chicane je repère un endroit où on peut se rapprocher de la zone (il y a une maison pile dans la chicane, j’essaye donc de me rapprocher). Les buffles sont à ce moment vraiment au bord du chemin, c’est dément.

Il n’y a quasiment aucun touriste et les balinais sont super sympas, du coup un balinais me dit que je peux aller directement dans la chicane et m’y emmène, à ce moment là c’est fou car les buffles passent à fond à 1m de moi. Avec le grand angle j’essaye de les avoir vraiment lorsque les buffles passent.

Dans le même temps (avec mon second appareil qui a un gros zoom, ouai mon scooter vaut 200€ mais j’ai 2 appareils photo, pose pas de questions) je peux vraiment shooter la course de buffles dans le virage, cela donne des clichés vraiment saisissants. Evidemment certaines photo sont loupées mais pour d’autres l’impression est vraiment là. C’est vraiment le début de mon expérience dans ce Makepung, et en faisant quelques clichés je me dis “wouah mais c’est incroyable ce que je vais avoir dans l’appareil photo”. Je sens vraiment qu’il y a quelques photos où j’ai capté l’action.

D’ailleurs j’ai oublié d’en parler mais lorsque les buffles passent à côté de moi je prends aussi pas mal de terre sur l’appareil et sur moi, qu’est ce qu’on ferait pas pour des belles photos ?

On voit la terre à l’arrière du premier char, et bien quelques mètres plus loin ça finir sur mon pantalon et appareil photo

Makepung, comment ça fonctionne ?

Petit aparté dans cet article pour vous expliquer en détails comment fonctionnent ces courses de buffles. Pour information tous les conseils sur où voir Makepung seront à la fin de cet article, là je vous explique justement comment se déroule la course (enfin ce que j’en ai compris).

  • Sachez que le circuit est en fait un énorme U
  • Une fois que tout le monde est passé on reprend la course mais parfois dans le sens inverse (en gros le Makepung commence dans un sens, puis étant donné que tous les buffles sont à l’arrivée ils repartent dans l’autre sens).
  • Les courses se font à 3 ou à 2 équipages, dans tous les cas c’est un chariot avec le « jockey » et 2 buffles.
  • Les équipes pour la course de buffles sont de 2 couleurs (jaune & rouge) mais ne me demandez pas les différences j’ai toujours pas compris. Visiblement c’est assez important de gagner le Makepung pour les équipes donc ça hurle vraiment pour son équipe.
  • Pour faire avancer les buffles les « jockeys » utilisent des batons avec des piques, et je ne vous fais pas un dessin mais ils ont beaucoup plus envie de gagner que de se soucier du postérieur des buffles (si ça saigne un peu ou beaucoup ils s’en fichent, le but c’est de gagner le Makepung).
D = Départ ; C = Chicane ; A = arrivée

Après avoir passé pas mal de temps dans le virage ma femme me rejoint, mais du coup je suis un peu inquiet (c’est mignon je sais) donc on s’écarte un peu et on traverse les rizières. On passe désormais de l’autre côté du U. On peut voir au loin les buffles passer juste après la chicane (avec le riz ça donne une belle image non ?).

De l’autre côté du U c’est exactement le même principe, on commence en se mettant au maximum au bord et on fait les photos des bolides… euh des buffles qui passent à fond.

“il fait chaud ?”

D’ailleurs à cet emplacement je suis avec 2 autres photographes et… une équipe de télévision française (donc dans 6 mois vous aurez un reportage sur ce Makepung dans 7 à 8 ou dans Reportages si ça existe encore après le JT).

Là encore le zoom me sert beaucoup (j’utilise plus le zoom que le grand angle pendant cette matinée). Par moment les courses sont vraiment inégales (« 23-0, c’est la piquette Jack »), en revanche lorsque la course est âprement disputée c’est incroyable, c’est à ce moment que je fais mes photos préférées.

Il y a des gens en charge de l’organisation du Makepung si je puis dire (des aficionados peut-être simplement ?). Ils sont placés un peu partout autour de la course et ils ont beaucoup plus d’expérience que moi. Je me fais quasiment ejecter de la piste par un mec car un chariot commence à dévier de sa trajectoire, le “local” lui poussera le buffle au niveau des cornes en criant pour le faire dévier un peu (ouai faut pas croire mais le chemin est petit donc lorsque les chariots veulent doubler ça peut rapidement être un peu dangereux). D’ailleurs j’ai marqué “je me fais pousser” mais c’était vraiment de la bienveillance hein !

Je fais varier les compositions car sinon je vais toujours avoir la même photo de ce Makepung, je me mets donc en bas dans la rizière et j’essaye d’avoir les buffles avec le petit temple à l’arrière. Malheureusement je n’ai que des courses assez inégales donc je n’ai pas plusieurs chariots de buffles sur la même image.

J’utilise aussi la poussière soulevée par les chariots de buffles pour tenter de capter l’ambiance, la course semble un peu disparaître et tout devient plus flou.

Dans l’immense foule à l’arrivée du Makepung

Finalement on s’avance progressivement jusqu’à l’arrivée du Makepung, à cet endroit il y a vraiment beaucoup de monde et l’équipage semble parfois fendre la foule.

Mais l’impression est encore bien plus saisissante tout au fond, car à ce moment on voit vraiment les équipages qui se battent pour terminer à la première place. Il n’y a aucun touriste donc tout le monde fait attention à moi, quelques dames s’inquiètent si je reste trop longtemps pour faire des photos en face des buffles et je me fais gentiment rappeler à l’ordre « gentleman, gentleman » (bon une fois je me suis carrément fait pousser, j’abusais pas du tout mais je pense qu’ils imaginaient le pire direct avec l’étranger complètement débile qui se rend pas compte).

Je ne comprends pas tout mais l’arrivée se fait avec des drapeaux, les juges semblent se trouver en haut d’une petite tour puis font des signes et l’on sait qui a gagné (bon je vous rassure, moi j’en sais rien). Lorsque une course est vraiment très disputée tout le monde attend quelques secondes que soit annoncé avec le drapeau le vainqueur.

Il pensait avoir gagné, finalement c’est le mauvais drapeau donc il gueule mais rien n’y fait !

Le plus fou ? les gens qui arrêtent les buffles

Mais en sortant quasiment du circuit ce qui est le plus incroyable pendant le Makepung c’est les hommes qui arrêtent les buffles. En tant que français tu imagines sûrement ça en mode similaire aux jeux du cirque ou à une course de chevaux. Non la différence c’est que le buffle c’est un animal complètement bête (je déteste les buffles, ils sont trop agressifs).

Du coup à la fin plein de chariots ne s’arrêtent pas et il y a des hommes qui se mettent en plein milieu, qui se penchent en avant comme des malades et qui tentent d’arrêter les chariots. Je te rassure pour 500€ je ne suis même pas sûr que tu essayes.

Le Jockey descend pour essayer de les arrêter et là les gens essaient d’arrêter les buffles, mais bon pas facile !

D’ailleurs alors que l’on quitte la course un des équipages continue sa route sur des dizaines de mètres, les buffles vont même jusqu’à exploser les barrières en bois et à s’encastrer là dedans. Tout le monde rigole car il y a plus de peur que de mal !

Bon j’ai pas pris de photo de la barrière, donc vous gagnez une photo des buffles

L’heure pour nous de quitter Makepung… après un dernier départ !

C’est déjà l’heure pour nous de quitter le Makepung de Mertasari, on est là depuis quasiment 2h et on a déjà vu des dizaines de courses et il commence à faire super chaud, on essaye donc de rejoindre le chauffeur à travers les dizaines de chariots et de buffles qui attendent de commencer une nouvelle course.

Alors que l’on quitte les courses de buffles on comprend justement comment démarre une course de buffle (oui c’est la première fois en 2h de Makepung qu’on se trouve au début des courses). Le premier chariot est « tenu » par un mec qui avance tout doucement, le second chariot est aussi tenu par un mec mais qui avance un peu plus vite, lorsque les buffles sont incontrôlables pour celui-ci il « lâche » et peu de temps après le premier chariot sera aussi lâché. C’est pas vraiment équitable (soit le chariot de derrière arrive avec beaucoup plus de vitesse et celui de devant démarre au ralenti, soit celui de derrière part avec beaucoup de retard) mais c’est comme ça. Ils parlaient d’installer la VAR au Makepung mais on verra plus tard.

Finalement on trouve notre chauffeur (qui fait plein de photos aussi, c’est la première fois qu’il vient ici… quand à Bali tu amènes ton chauffeur pour la première fois quelques part c’est vraiment bon signe). Pour nous ça sera une nouvelle fois 2 heures de route pour retourner à Mengwi, mon pote m’avait dit « c’est un des plus beaux trucs que j’ai vu à Bali » et honnêtement il n’avait pas menti. Makepung c’était incroyable… tout comme la route pour y aller avec ses rizières sublimes !

Conseils pour Makepung, les incroyables courses de buffles à Bali

  • Tout ce que je dis ci-dessous est le fruit de 2 choses : les conseils d’un ami (coucou Stéphane, si vous voulez le suivre sur Instagram) qui a habité quelques années à Bali (le monde du tourisme est petit) et qui m’a chaudement conseillé d’y aller, mais aussi ce que j’ai pu trouver sur internet.
  • Bon alors déjà sache que c’est de la folie, pour nous ça a été :
  • Première impression : ouai bof
  • Second impression : Wouah c’est vrai que c’est super
  • Troisième impression : c’est incroyable ce truc
  • On a croisé peut-être 10 touristes alors que le Makepung se déroulait en plein milieu du mois d’août (donc le pic de la saison), il y avait 100 locaux pour 1 touriste… et encore.
  • Etant donné qu’il n’y a aucun touriste quasiment tout le monde est super gentil avec toi, les gens sont des amours.
  • Le calendrier des courses varie tous les ans, vous pouvez trouver le calendrier en tapant « Makepung schedule année », donc par exemple « Makepung schedule 2020 ». Le résulat sera en anglais mais au moins t’auras un résultat.
  • A ce moment vous allez sûrement tomber sur un tableau avec quelques dimanches entourés et des trucs genre “sirkuit X, sirkuit Y”. Le sirkuit est en fait le nom de la course, en sachant que toutes les courses se déroulent dans les environs de Negara, le Nord-Ouest de Bali.
  • Pour ma part c’était le “Sirkuit Mertasari” qui était le dimanche 10 août 2019. L’endroit se trouve exactement sur le point Google Map (même si ça parait débile car ce n’est pas vraiment dans le village mentionné, en fait c’est vraiment là).
  • J’avais trouvé de bonnes informations sur ce site, le tableau est à moitié en balinais/bahasa mais c’est largement compréhensible. Comme vous le voyez cette année il y a des courses de juillet à novembre. De ce que j’ai compris c’est toujours le dimanche en suivant un endroit différent à chaque fois (qui peut revenir plusieurs fois) et à la fin c’est la grande coupe (Jembrana Cup).
Source
  • Sur place le droit d’entrée est de 5000 INR par personne.
  • Honnêtement expliquez bien que vous voulez aller à Makepung, que c’est les courses de buffles, etc. car sinon les gens ne relient pas, c’est très peu connu pour ce qu’on en a vu et le manager de notre hôtel n’avait pas relié du tout.
  • Sur place faites bien attention, honnêtement pour aller “faire le fou au plus près” c’est quand même un peu dangereux, si vous êtes avec des enfants faites bien gaffe (bon c’est pas un super spectacle pour des enfants d’ailleurs, y’a peut-être d’autres valeurs à leur partager que fait saigner un buffle pour qu’il court vite). Tout le long de l’entrée de la course il y avait pour nous un énorme corridor où le public surplombait la course jusqu’au niveau de la chicane et même un peu après, à ces endroits il n’y a aucun risque (et c’est là que se trouvaient toutes les familles de balinais). En revanche lorsque vous allez dans les rizières ou à l’arrivée là “ça bouge” (et dans ces endroits quasiment aucun enfant).
  • Nous sommes arrivés sur les coups de 8h30 et nous en sommes repartis à 10h10 ; à ce moment il restait encore des courses en cours mais on avait déjà un peu tout vu, et surtout il commençait à faire vraiment chaud et la lumière était très dure (on est arrivés un peu en retard à cause du problème de voiture).
  • Essayez vraiment de vous déplacer pendant les courses car les impressions sont extrêmement différentes :
  1. Au départ car ça ne se fait pas avec un starter, c’est complètement à l’arrache et c’est très drôle
  2. Sur les lignes droites tranquilles
  3. Dans les virages à ras du sol, l’impression est incroyable
  4. Sur la ligne d’arrivée où c’est vraiment le bordel et où il se passe souvent un truc (qu’on ne comprenait pas souvent honnêtement, des problèmes de règles avec un “pilote” qui s’énerve auprès des juges, etc.).
  • Il y a vraiment des départs de course toutes les 45 secondes, donc ça va vite et ça enchaîne non-stop
  • Pour nous l’accès était super loin car on était à Mengwi, lever à 5h30 du matin le lendemain de notre arrivée mais ça vallait le coup ! Si vous venez de Java (et que vous allez lu mon article sur 1 semaine à Java) ça vaut vraiment le coup de s’arrêter une nuit dans le coin.
  • Je sais que vous allez être hyper créatifs dans les commentaires, pour savoir combien de temps vous allez mettre à aller voir les courses vous tapez dans Google : « Hôtel où vous dormez TO nom de la course » sur google map (ou village le plus proche). Donc dans mon exemple en tapant « Balum Bali Villa to Sirkuit Mertasari » on trouve 2h10 de route.

Questions ?       

Vous avez des questions sur cet article à propos des courses de buffles à Bali ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous. Vous pouvez aussi retrouver tous mes articles sur Bali sur la catégorie Bali.

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2 comments

  1. Marjorie Créatrice de Contenu

    Hello Brice (de Nice, ok on a déjà dû te la faire ^^), je te suis depuis quelques articles, et franchement j’adore ton style, tu me fais trop rire 😀
    Je suis fan, continue comme ça c’est top !
    En plus, tu fais de belles photos, que demande le peuple ?
    Amitié
    Marjorie, nomade digitale

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