Revenir au lac Inle en Birmanie, alors c’est devenu très touristique ?

En janvier dernier je suis retourné pour la… et bien je ne sais plus peut être 5ème ou 6ème fois au lac Inle, cela faisait quasiment 1 an et demi que je n’y étais pas allé et je m’attendais donc à ce que beaucoup de choses aient changé… Alors ?

L’arrivée en bus mais nous on nous arnaque pas !

Comme d’habitude j’ai pris un bus de nuit depuis Yangon et je suis pour ce voyage accompagné d’Antoine. Lorsque l’on sort du bus il fait direct froid donc on met les sweats et on grimpe dans la camionnette qui nous emmène du bus jusqu’au centre de Nyaung Shwe (oui l’hiver ça caille le matin au lac Inle). Si tu n’as rien compris à cette phrase sache que pour le lac Inle les bus lâchent leurs clients sur une grosse route à 15 minutes de voiture de Nyaung Shwe, ce dernier tronçon étant assuré par une camionnette de la compagnie de bus. Moment de grâce ultime le chauffeur de la camionnette me reconnait et me dit qu’il m’a déjà vu auparavant. Après une petite incompréhension dans la camionnette ou le mec nous emmène au mauvais quai pour les bateaux, on se retrouve finalement au bon endroit. On négocie un bateau pour la journée, on explique ce qu’on veut au chef des bateaux et c’est reparti sur l’incroyable Lac Inle !

Les vrais pêcheurs du lac Inle pour la seconde fois

On sort rapidement du canal de Nyaung Shwe pour déboucher sur le lac Inle, là attendent (comme d’habitude) les faux pêcheurs du lac Inle, ne vous inquiétez pas on les prends tous en photo mais cette fois c’est la pause-café donc il n’y aura pas de photo !

Notre hôtel se trouve assez loin au Sud du lac Inle donc on a une petite heure de bateau pour arriver là-bas, sur la route (enfin le lac quoi !) on croise donc pas mal de pêcheurs mais cette fois des vrais.

Arrive à un moment où notre batelier nous montre un truc au loin, il déplace le bateau et on se retrouve alors au milieu des vrais pêcheurs du lac Inle. Je n’avais vu les cages sorties qu’une fois auparavant parmi tous mes passages sur le lac Inle et c’est la première fois que je suis aussi prêt, je mitraille donc dans tous les sens.

pecheurs-lac-inle

Ils pêchent vraiment en groupe et passent leur temps à descendre et remonter la cage, j’ai l’impression que le lac Inle me dit rebonjour à sa façon et c’est un sentiment très plaisant.

On continue donc sur notre petit bateau et le lac Inle est toujours aussi beau, la zone centrale est imposante car vous avez une vision très large de la région (on se rend moins compte de l’immensité du lac dans les jardins flottants par exemple alors qu’en plein centre du lac Inle c’est vraiment immense).

Après 1 petite heure on arrive enfin au magnifique Inle Heritage Stilt Houses, j’avais déjà visité l’hôtel donc je ne suis pas vraiment surpris (soyons snob), l’hôtel est juste dingue et on se repose donc un petit peu dans la chambre histoire de prendre une douche tranquille (et oui on sort du bus de nuit donc… enfin t’as compris quoi).

Bon finalement on avait prévu de partir visiter tout de suite après la douche mais on a la flemme donc on prend le déjeuner au restaurant. Normalement tout est réservé (c’est le meilleur restaurant du lac Inle et le plus beau cadre) sauf que vu qu’on reste à l’hôtel c’est en mode “poussez-vous c’est pour nous”. Délire absolu si vous passez au restaurant ou à l’hôtel mais il faut impérativement goûter le riz à la coco en dessert, à s’en faire vomir !

Le début des visites sur le lac Inle

Antoine n’a jamais vraiment visité le lac Inle malgré plus de 2 ans passées en Birmanie (le naze), moi j’ai bien envie de revoir tous les trucs classiques donc on part avec le batelier vers un atelier de tisseur.

La visite se fait assez rapidement, c’est toujours intéressant à voir et ça donne de beaux cadeaux à rapporter mais les tissus en lotus sont vraiment trop trop chers (la soie et le coton sont abordables car c’est assez peu de travail alors qu’une écharpe en fleur de lotus c’est genre 2-3 semaines de boulot). La petite fabrique se trouve à Nam Pan et sur 2 maisons avec le canal au milieu, du coup je fais une belle photo sur un bateau qui passe en vue du dessus.

Chose importante que j’ai répété pendant des années lorsque j’organisais des voyages en Birmanie (bon j’en organise toujours mais un peu moins), au lac Inle il faut beaucoup s’arrêter même dans des choses pas toujours intéressantes (les mecs qui font des bijoux en fer ça me gonfle), tout simplement car ça te permet de “monter” dans les villages et d’avoir de nouveaux points de vue sur le lac Inle et sur les villages flottants.

On passe ensuite rapidement par la pagode de Phaung Daw Oo puis on explique comme on peut au mec qui pilote le bateau qu’on va faire un grand (mais grand) tour dans la partie Ouest du lac Inle.

On passe donc pas mal de temps entre les jardins flottants, les mecs qui pêchent tranquillement et les grands espaces plus au centre du lac Inle.

Le village flottant de Nam Pan

Surprise du chef, notre batelier passe par le village flottant de Nam Pan et se balade tout doucement, il passe par un petit canal que je ne connaissais pas et nous voila au paradis !

On se balade tout doucement au ras de l’eau et en frôlant les maisons sur pilotis, c’est un sentiment vraiment dingue.

Certaines maisons ne sont pas incroyables mais dans l’ensemble l’eau est plutôt calme ce qui laisse de très beaux reflets.

Fin de journée à l’hôtel

Pendant l’après-midi nous n’avons pas croisé grand monde, forcément des gens à la pagode de Phaung Daw Oo, à tel ou tel endroit je vois un nouveau magasin que je ne connaissais pas mais dans l’ensemble le lac Inle ressemble comme deux goûtes d’eau (j’étais obligé) à tous mes voyages précédents. On rentre donc à l’hôtel tranquillement pour la fin de la journée.

Oui c’est la vue depuis l’hôtel…

Je profite d’un très beau coucher de soleil sur les maisons du village de Nam Pan (c’est là où se trouve l’hôtel), j’ai l’impression d’être au paradis dans cet endroit.

Bon je vous la mets pour le plaisir mais après le dîner je fais aussi quelques photos de l’hôtel, quand je te dis paradis c’est pas exagéré (il n’y a que 4 chambres utilisées ce soir là sur 6, autant te dire qu’on se sent bien seuls !).

En direction du marché des 5 jours de Nam Pan

Le lendemain matin c’est malheureusement avec un réveil très tôt qu’on commence, en effet j’ai motivé Antoine pour qu’on se lève super tôt afin d’être là avant tout le monde au marché ainsi qu’à Indein par la suite, à 6h30 on est donc déjà au petit-déjeuner… et quel petit-déjeuner !

Il est 7h30 lorsqu’on quitte l’hôtel et nous arrivons 8 minutes après (oui oui !) au marché des 5 jours de Nam Pan. Il est tôt donc on arrive en même temps que plein d’habitants du lac. J’ai à ce moment un énorme sourire en pensant à ceux qui vont faire plus d’une heure de pirogue pour arriver jusqu’au marché !

Sur place il n’y a quasiment aucun bateau de touristes et les birmanes (pas de sexisme c’est majoritairement des femmes !) sont à peine en train d’installer les étales pour les touristes (le début du marché ne vend que des trucs pour les touristes, les 3/4 du marché après ne sont que pour les locaux).

On avait pas non plus prévu ça mais il est encore tôt et il y a encore cette espèce de fumée/brouillard au sol ce qui donne un effet saisissants sur les photos.

Plutôt que de vous décrire tout le marché je vais simplement vous laisser avec les photos, cela faisait quasiment 1.5 an que je n’étais pas passé par le marché et honnêtement je n’ai vu aucune différence, en arrivant tôt c’était très difficile de repérer un blanc dans le marché.

Les bateaux des locaux ! Et ouai le marché de Nam Pan c’est comme la grande braderie de Lille !

Attention, je ne dis pas que le marché n’a aucun touriste, je dis que si vous venez tôt c’est encore génial et vous ne croiserez que des Pa O et des birmans. Après quasiment 1h30 à nous balader dans le marché et au moment où nous repartions il y avait beaucoup de bateaux avec des touristes qui arrivaient. Encore une fois venez tôt et vous serez comme nous bloqués dans le marché car il y a trop de locaux et que le marché est trop petit !

Oui c’était le bordel du côté des poissons !

Si vous n’avez rien compris à cette histoire de marché des 5 jours, des minorités et de Nam Pan je vous invite à lire cet article qui parle de mon expérience !

En route pour Indein

Après le marché je suis assez confiant, on a de l’avance sur tout le monde donc normalement on être “trankz” à Indein, je croise simplement les doigts pour que les gens aillent tous au marché avant d’aller à Indein. Le canal pour remonter vers Indein est toujours aussi beau avec les birmans qui déplacent leurs marchandises un peu partout (Indein ne se trouve pas sur le lac Inle mais au bout d’un canal qui donne sur le lac Inle, on y va donc en bateau en ayant l’impression de remonter une rivière).

On arrive ensuite après un long moment dans les environs d’Indein, là je sens la différence puisqu’il y a plus de restaurants qu’avant et plus de Pa O qui veulent te vendre des écharpes.

Avant de remonter sur la partie principale d’Indein on passe à travers le chemin sur le côté pour voir les vieilles stupas (il y a  15 minutes de marche depuis le bateau pour Indein, soit tu le fais le long d’un énorme escalier couvert soit sur un chemin de terre avec des vieilles stupas).

A ce moment on est quand même dérangés par Jean-Mich qui passe avec son bétail, c’est plus ce que c’était la Birmanie on peut plus être tranquille !

Indein c’est toujours pas mal et ça n’a pas changé, il n’y avait quasiment personne et on a donc bien profité des stupas d’un peu toutes les couleurs. Bon j’ai quand même dû me laver les pieds car j’avais marché dans de la pisse de chat (ça c’était une première !).

En repartant on doit acheter de l’eau donc on négocie la photo avec l’eau car la mamie Pa O qui possède un petit stand a une tronche d’enfer !

Retour à Nyaung Shwe et fin de journée avec les burgers !

Après Indein on reprend le bateau, on fait un rapide passage par le monastère des chats (où je me casse la gueule mais où les paysages sont toujours aussi beaux).

On coupe une dernière fois par les jardins flottants puis on croise encore une fois les vrais pêcheurs du lac Inle et nous voila à Nyaung Shwe.

On termine la journée en roue-libre à Nyaung Shwe, tout d’abord en s’envoyant des burgers au One Owl Grill puis en rejoignant des amis d’Antoine qui voyagent aussi au Asiatico Pub. Finalement et avant de reprendre le bus pour Yangon on croise Benoit & Fabienne du blog Novo-Monde, on prend donc un coup à The French Touch car je voulais vraiment qu’ils voient les photos exposées (oui c’est 3 adresses excellentes pour les restaurants sur de la nourriture occidentale !). C’est maintenant l’heure du bus de nuit pour Yangon, le lac Inle est vraiment un endroit incroyable !

En guise de conclusion je tiens à insister sur un point car on lit constamment sur la Birmanie que c’est “en train de changer”. Déjà sachez que depuis 2014 qui est le moment où j’ai posé mes valises dans le pays j’entends ce refrain, il y a forcément de plus en plus de monde mais il faut se planter le doigt dans l’oeil jusqu’au poignet pour ne pas rester bouche-bée devant le lac Inle ou la Birmanie en général.

Ça donne pas envie de venir ça ?

Il y a très certainement plus de touristes, il y a aussi plus d’hôtels et de restaurants mais dans l’ensemble ce n’est pas non plus du délire. Surtout lors de cette petite semaine en Birmanie et de façon encore plus prononcée au lac Inle j’ai eu l’impression de croiser très peu de monde. Alors oui si vous partez de Nyaung Shwe à 9h00 pour aller au marché de Nam Pan vous allez trouver ça touristique, oui il y a des “faux” pêcheurs à l’entrée du lac Inle et oui il est maintenant possible de manger un bon hamburger à Nyaung Shwe (moi j’ai trouvé ça cool). Pourtant j’ai encore repris une énorme claque pour cette énième visite, l’endroit est simplement magique et demeure un lieu très spécial à mes yeux, au marché on a dû croiser une dizaine de touristes et à Indein une vingtaine… submergé de touristes je vous dis (et c’était fin janvier donc la haute saison !).

Questions ?

Vous avez des questions sur le lac Inle ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous. Point important mais j’ai déjà écrit de très nombreux articles sur le lac Inle donc n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil sur cette page qui centralise les articles.

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13 comments

  1. Jacques

    Bonjour Brice,
    Oui, nous y avons passé 4 jours en avril (même hôtel) et je retrouve dans ton article toutes mes sensations. C’est effectivement merveilleux, et pas difficile du tout de “faire” un marché sans le moindre touriste (sauf soi-même) ou de se sentir seul au monde sur sa pirogue ou à In Dein. Mais on va se dire que ça tient du miracle : comment le pêcheur authentique (et vraiment authentique : il en vit) ou le ramasseur de plantes aquatiques tout aussi authentique font pour rester authentiques quand toutes les 3 minutes des gens bien intentionnés comme toi ou moi viennent se poster sous leur nez pour faire la plus belle photo du monde (c’est hyper-photogénique : tes photos sont superbes, les miennes aussi) ? Tu crois pas que Norbert le pêcheur, dans un ou deux ans, il va trouver qu’il gagne mieux sa vie et s’emmerde moins en faisant payer la photo qu’en vendant son poisson ou ses algues ?
    Ben oui, qu’est ce que tu veux, c’est le problème du tourisme : même si tout le monde est parfaitement intentionné et trouve merveilleux de voir un lac Inle authentique, il finit par tout annihiler. Contrairement à toi, je n’ai en revanche pas trouvé les ateliers divers (filatures de lotus, cigares, etc.) encore très “authentiques” : ça ressemble à tous les ateliers visitables du monde, je te montre vite fait, et tu achètes stp, normal. Et je n’ai pas trouvé les gens qui y travaillaient très épanouis.
    Bon, après, on a aussi le droit de se renseigner un peu, et de savoir que le lac est pollué à la moelle aux pesticides (la jolie tomate du lac, elle est pas très bio) ou encore que le lac a perdu 30 % de son volume en 20 ans, les barrages chinois en amont n’allant pas arranger les choses.
    Bref, mon sentiment, c’est qu’il faut quand même sacrément se magner, quoi !
    Amicalement

    • Salut Jacques,

      Attention lire l’article de Slate c’est pas se renseigner 😀 Oui mais on est encore très loin de ce point en Birmanie quand même, ça va forcément se développer mais avant qu’il y ait du boulot pour tout le monde pour faire des photos va falloir attendre un paquet d’années ! On est qu’à moitié mauvais, on pourrait y aller le matin au lever de soleil pour faire les photos dans les cages mais oui éternel débat, on veut rien changer, on veut le monde le plus authentique possible mais on veut aussi rapporter nos belles photos, vivre nos expériences, etc.

      En avril vous avez dû avoir chaud 😀

      • Jacques

        Brice
        Pas vu l’article de Slate (c’est quoi Slate d’ailleurs ?). What about? Non, pas trop chaud à Inle (plus à Mandalay ou Bagan, mais bon…). En revanche, les pirogues ne passaient pas pour aller à Sankar, pas assez d’eau. On y a donc été en pirogue+voiture+pirogue, moins fun mais merveilleux. Comme Inle il y a 20 ans, me disent ceux qui y ont été il y a 20 ans…
        A +

        • Oui y’avait un souci de végétation en janvier aussi (bizarre) !

      • Jacques

        Ah oui, d’accord, je viens de voir l’article. Effectivement. Mais mes sources venaient en fait de l’hôtel où j’étais et dont tu viens de faire un article élogieux : le Inle Heritage. Ils expliquent eux-mêmes que malgré leur agriculture raisonnée et autarcique, ils n’ont aucun label bio parce que l’eau est infestée par les pesticides, et ont un panneau intéressant sur l’évolution du niveau d’eau sur 20 ans. Soit ils ont lu Slate soit ils se tirent une balle dans le pied 😉
        Article élogieux d’ailleurs mérité, cet hôtel est charmant. 2 petits bémols : si tu arrives à dormir après 5h30 c’est que tu as soit le sommeil très lourd soit tu as de très bons tampons auditifs (pas grave, ça permet d’être tôt sur les marchés !) ; le conservatoire des chats birmans, ça ressemble un peu à une chambre d’isolation pour épuration ethnique 😉 (on n’a jamais rien fait de très bon en épurant ethniquement ; j’ai d’ailleurs vu “le vénérable W” hier soir, c’est assez glaçant quand même s’agissant d’un pays dans lequel on vient de passer 3 semaines merveilleuses, en trouvant les gens charmants… confirme quand même mon auto-questionnement sur le tourisme et sa vision limitative du monde…).

        • Salut Jacques !

          Ils ont doublé les bungalows contre le bruit maintenant ! Ouai mais les chats sont pas tous 100% birmans y’a aussi des “batards”, et dans tous les cas y’en avait plus un dans toute la Birmanie !

  2. Anne G.

    Merci pour ces très belles photos. J’y ai été en 2015, 27 j la durée du visa, et j’ai trouvé le pays : magnifique !

  3. Bern

    Ca me rappelle des bons souvenirs.
    A noter que les vetements en cotons en vente a la fabrique de soie, sont au moins 2 fois plus chers que sur les marches, et ce sont les memes…

    Sinon, en Novembre dernier, ca construisait des hotels partout a Nyaung Shwe.

    A noter qu’a mon dernier jour, pour changer, j’avais decide de manger occidental, une pizza, resultat, intoxication alimentaire…

  4. Yves

    ça rappelle de très bon souvenirs. J’y étais en avril dernier et c’était un plaisir d’y aller en saison chaude (donc un peu moins touristique).
    On a rencontré une petite dizaine de touriste là où tu en as rencontré une vingtaine.
    Je pense que les touristes se concentrent sur Bagan où ils sont très nombreux.

  5. Antoine

    Il a l’air sympa ton pote Antoine

  6. WAHOU ! C’est juste magnifique ! La Birmanie est un pays que j’aimerai visiter au plus vite !
    Justine

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